Festival d’art urbain - Mostar, Bosnie-Herzegovine
En juin puis en aout 2026, je me rends à Mostar, en Bosnie-Herzégovine, pour y installer douze gravures urbaines. Trente ans après la guerre qui a marqué la ville, la région et le pays, ces interventions prennent place dans un paysage où les traces, les stigmates du passé restent omniprésents.
Note de l'artiste
À Mostar, j'ai poursuivi mon travail de gravure urbaine en investissant principalement les cavités créées par les impacts de balle. Je prélève leurs empreintes, les transforme en gravures, puis les réinstalle à l'endroit où elles ont été trouvées.
Dans cette ville, cette démarche a pris une résonance particulière. Les murs portent encore les marques de la guerre, et certaines traces semblent s'être fondues dans le paysage quotidien. Elles sont là, visibles, mais on finit parfois par ne plus les regarder.
Le dernier jour de mon séjour, alors que je photographiais une de mes installations, un homme âgé m'a abordé. Pensant que je m'intéressais aux traces de la guerre, il m'a conduit jusqu'à une maison abandonnée, puis m'a montré les vestiges d'une barricade enfouie. Il m’expliqua, grâce à des gestes équivoques, avoir combattu ici même. Cette rencontre m'a rappelé que les lieux conservent une mémoire qui dépasse ce que l'on peut observer au premier regard. Il suffit parfois qu'une personne nous transmette son histoire pour que le paysage prenne un autre sens, une dimension supplémentaire. Autre que par notre propre ressenti, parce que expliquée par le vécu de celles et ceux que l’on rencontre.
Mes interventions ne cherchent pas à reconstituer cette mémoire ni à lui imposer un récit. Elles s'inscrivent dans les marques déjà présentes, comme de nouvelles traces déposées dans un lieu chargé d'histoire. Elles invitent à regarder autrement ce qui nous entoure et à nous interroger sur ce que nous choisissons de conserver, de transmettre ou d'oublier. Pour apprendre du passé.
À propos
Interventions réalisées en aout 2026 à Mostar, en Bosnie-Herzégovine.
Une dizaine de gravures réalisées à partir de cavités créées par les impacts de balle issus de la guerre. Les gravures sont réinstallées dans l'espace public.
Cette série prolonge une recherche sur les traces et les stigmates du temps, la mémoire des lieux et les histoires que les murs portent silencieusement.